Sylvie a effectué la moitié de sa carrière à l’étranger. Quelles ont été les conséquences sur sa retraite ?
Naturellement Sylvie pense avoir droit à la moitié de ce qu’aurait été sa retraite française puisqu’elle a effectué la moitié de sa carrière en France. Elle commence donc par estimer la retraite qu’elle aurait eu si elle avait travaillé toute sa carrière en France en doublant proportionnellement ses expériences.
Si Sylvie avait effectué toute sa carrière en France
Soit : 170 trimestres pour l’exemple
- 36 années à 30 000 € de salaire annuel
- 10 années à 3 000 € de salaire annuel (job d’été, congé parental, 1ère année de travail, recherche d’emplois, année de départ à l’étranger…)
Quel serait son Revenu Annuel Moyen (RAM) ?
Le Revenu Annuel Moyen est calculé à partir de 25 années à 30 000 € / an, soit un RAM de 30 000 €.
Quel serait son taux ?
Les 170 trimestres requis sont validés, le taux est de 0,5 dans cet exemple.
Quel serait sa retraite de base ?
Retraite = 30 000 x 0,5 x 170/170 = 15 000 /an = 1 250 € /mois.
Sylvie a effectué la moitié de sa carrière en France
Soit : 85 trimestres
- 5 années à 3 000 € de salaire annuel (job d’été, 1ère année de travail, recherche d’emplois, année de départ à l’étranger…)
- 18 années à 30 000 € de salaire annuel
Si le calcul était équitable, la retraite pour la moitié de la carrière devrait être la moitié de 1 250 € soit 7 500€ /an = 625 € / mois. Ce n’est pas le cas.
Quel sera le Revenu Annuel Moyen de Sylvie ?
Sa retraite française sera calculée sur la base du Revenu Annuel Moyen, établi à partir des 25 meilleures années. Or, sa carrière en France ne comptant que 23 années, toutes les années sont prises en compte, y compris celles à faible revenu. Le revenu annuel moyen diminue ainsi de 30 000 € à 24 130 €, soit une baisse de 20 %, entraînant mécaniquement une diminution équivalente de sa retraite, que la France ait ou non conclu un accord bilatéral avec le pays étranger.
Plusieurs possibilités pour le taux
Premier cas, dans le scénario le moins favorable
Si au moins 5 années de travail effectuées à l’étranger ne sont finalement pas reconnues par la CNAV.
Quel sera son taux ?
Son taux diminuera pour atteindre 0,375.
Quel sera sa retraite de base ?
Sa retraite= 24 130 x 0,375 x 85/170 = 4 524 / an soit 377 € / mois.
La retraite de Sylvie diminuera de 40 % et passera de 625 € à 377 €. Sa retraite complémentaire subira aussi une décote de plus de 20 %.
Deuxième cas, dans le scénario le plus favorable
Si toutes les périodes de travail effectuées à l’étranger sont finalement reconnues par la CNAV. Cela peut être le cas grâce à un accord bilatéral conclu avec le pays étranger.
Quel sera son taux ?
Son taux s’élèverait à 0,5, soit une diminution de sa retraite de 20 %.
Quel sera sa retraite de base ?
Sa retraite = 24 130 x 0,5 x 85/ 170 = 6 032 € / an, soit 502 € / mois.
Durant la moitié de sa carrière, Sylvie a acquis une retraite de base de 625 € par mois. En ayant travailler l’autre moitié de sa carrière à l’étranger, elle voit s’évaporer entre 20 % et 40 % des droits qu’elle pense avoir constitués en France.
Cet exemple a été volontairement simplifié afin d’en faciliter la compréhension. Le nombre de trimestres requis qui est fixé en fonction de l’année de naissance a été arrêté arbitrairement au nombre pair de 170 trimestres. Dans la réalité, les carrières sont bien souvent plus hachées, et la perte de droits pour les années cotisées peut être plus importante que dans cet exemple.

Sylvie et les Français·es de l’étranger sont soutenu·es par des élu·es de l’AFE et des élu·es du Sénat
Mais obtenir gain de cause est difficile et chacun peut œuvrer dans le but de réduire ces inégalités.


